30.05.2006

Anecdote

et si mon voyage voulait s'arrêter aujourd'hui
se buttant de plein fouet hier contre l'envers de la main?

je pivote
me retourne

comme si l'orage éclatait à ma fenêtre cette nuit
trop énivrante l'odeur de terre humide qui me chatouille si bien

j'en ouvre à la volée toutes les portes
depuis des temps déjà balayés les volets
ne veux pas périr enfermée
j'épure à mon aorte

décroche un morceau d'éclair
en sillonne un pan du ciel
et me saoule à mes vers
à l'Autel j'en offre mes ailes

j'allonge ma paume sur le parvis de mes cils
j'enclos mes yeux le temps que sombre l'île

je pivote
puis... me détourne

je m'abreuve à l'océan
son goût salé me désaltère
au sursaut d'un persévère
je noie le soleil ici bas
mais où est la mer et son delta?
laisse, je vogue au dédale du vent

je m'anecdote
à la ristourne

23.05.2006

Tourner à la Terre ~duo~

mappemonde qui roule m'amasse, se hisse à mon index me tourne et je tourne
Marche sur le visage des écorces et prie aux pluies tièdes
d'un vertige ou d'un balancier en épaule, laisse les éléments soutenir mes pied
Risquerai de tomber aux anges, nu
ailes chrysalides m'envolent à ma terre

Que c'est grand pour contourner les hommes
cercle en expansion ils se tapissent, poussant au recul le spontané
Aux cils les épis de monde et l'ivresses des danses vitales
s'imprime le mouvement à mes pas, rétine focus, lumière ou ombre
Comme enfant déguste herbe verte sous les paumes arrêtées

la candeur appelle aux portes du désert!



C&W

21.05.2006

Mais là encore

je voulais seulement vous murmurer
que je dois partir
effleurer l'exil de ma lande
au babil de mon coeur immobile

je désire juste m'endormir sous l'aurore
m'assoupir sous la béance du ciel
et sous l'aube d'une étoile d'or
simplement, oui simplement trouver mes ailes

cavaler contre les flancs de la terre
brûler les pavé, courir si vite courir si fort
à en perdre mon haleine, mon endort
au passage rattrapper la vie qui m'erre

chahuter mon vagabond qui décroche à mon âme
réanimer la flamme qui gît sous mon antre-giron
puis rhabiller l'ombre du clown triste

je voulais partir sans même vous le dire
mais là encore, je reste...

Enfrissonner

la berge se répand le long des rides
souffle en vague l'autan
tourbillonne en l'air
les grands peupliers frissonnent
leur mélodie s'envole
chut....

17.05.2006

Berge

ces jadis où les minutes jamais ne se lassent
de tous les embruns des soirs de brume,
elles se glonflent de ce vent furieux de croire
des voiles que l'attente immobile grignote

15.05.2006

Achille posé ~duo~

Accoudé aux gloires ancestrales, comme il songeait, ses habits de tellement de légendes...
les pieds chaussés des poussières des chemins antiques dont les fossés sont remplis des eaux d'orage
Le sang de quelques batailles titanesques séchant sur sa lame, il en allait de son avenir devant le glaive rangé....
il s'agenouilla puis posa les paumes sur l'herbe tendre s'offrant là, face à l’horizon

Le soleil posé sur sa retraite n'était ni grec, ni romain, mais simplement reflet des étés calmes, l'angoisse des lueurs indomptées…
il se mit alors à désirer la lueur de la lune sous l'ombre des cils, voile sur ce trop grand éblouissement, allongement de l'âme à la lisière
Hadès! Hadès! serait-ce ainsi... tomber l'épopée sous les étoiles, seul et sans armes...
corps immobile, devait-il entrer dans la forêt dense, ou revenir en arrière aux ventres des immenses plaines? L'aube prête à éclore....

Mais on ne suit pas la dernière marche des invincibles condamnés. Vous n'aurez que son ombre jeté sur un temps oublié....



C&W

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