03.09.2006
Vagabondage ~duo~
L'asphalte coure sous les roues des automobiles
glisse et glisse vers les caniveaux cherchant l'échappatoire
rêvant de chants et de blés
Ce soir je marche indistinctement
Sur le soupir des immeubles fatigués
Mes semelles se déclinent
En une centaine de fenêtre ouvertes,
Mes habits sont des rideaux de velours déserteurs
les sauterelles s'ennivrent d'un air nouveau
disparaissent à l'horizon d'un nuage dense et clair
aubade pas à pas endiablés au rythme du soleil couchant
les flaques s'ouvrent béantes s'y plonge encore et ame
On peut se demander pourquoi les pays, la poussière des gens,
Pourquoi l’Afrique est un papillon blanc dans le sable,
Ou bien
J’essaye de régler mon cœur sur mes pas
Mes pas sur la descente du soleil
La descente du soleil sur ses cheveux de supermarché
Sur sa peau de sortie de parking et de lumière
et la terre dont les hommes essaient d'attacher les pans
elle s'allonge s'étire et crisse de tant de douleurs
le ciel lui semble absent mais se recueille avec pudeur
les peaux de bananes jetés sans complaisance par leur mains de mépris
emportent à la chute ceux qui oublient leurs yeux à l'horizon
"What a day for a daydreamin’ boy ?"
Je regarde le ciel d’un coin d’œil rageur
Je demande à quelqu’un qui ne m’a pas été présenté
Quelques explications
Qui ne viennent jamais
Je maudit l’air comme un vieillard sourd
Et rentre chez moi
Les deux oreilles arrachées
sourd au fracas mais entendant les moindres chuchotements
se balance à la façon de cette silhouette là sur ce banc
qui s'ennivre d'eau pure et de jus de framboise
dont la bouche se sucre d'une couleur vermeille
ameutant tous les sens qui rappliquent d'un jet
le goût écarte les autres sans détour et se pose regardant
le nectar dégoulinant de ses lèvres souriantes
En un tour d’éclair
Je passe comme un cobra
Devant son visage d’étincelle flottante
Enferme son parfum de jolie vivante
Dans mes mains de tremblement de terre
Prend un baiser d’avance
Sur le temps de ses lèvres atmosphériques
s'écroule le temps en masse broyé par un vent bleu et sable
de grain en grain jaillissent pastels et arômes
Je ne suis plus là, je passe, je n’ai plus de langue
Que la sienne, tiède et mondiale
09:55 Publié dans Echange et partage : écrits en duo | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
Bonjour
Tes poèmes sont superbes et ton blog l'est plus...
Ecrit par : le promeneur solitaire | 04.09.2006
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