05.06.2007

Une frange ébène

Il chevauche les mots
Drôle de monture de l'être
Où le vers règne et avale
Les contrées sauvages
Et vomit plaines désertiques

Sans cesse il est cri
Mué en une longue dépouille.

S'alignent sillons à l'infini
D'un champ de terre meuble
Frôlant un grand ciel gris
Qui se retient d'un haut le coeur

Ecrivant sur des morceaux d'ardoises
Qui lentement s'effritent
Son bras se mure en un geste blanc
Vers une fenaison qui recule à grands pas

Il mène un combat insolite dans le rouge feu
Du soleil qui enveloppe de ses rais
Son air conquérant.
Conspirateur en ses lieux désolés et vastes

Un cercle au fusain. Erige
Une tour de verre
Que le cri de l'aigle ne brise

Un monde inventé de couleurs
Qui jamais ne touche la cîme des arbres
Ni lumine le coeur d'une femme

Il pleure dans ses mains en coupoles

Je regarde sa bouche, ses yeux, ses mains, longuement et profondément.
je ne veux pas oublier lorsque ne subsistera que la mémoire vers laquelle je me retourne.

Contre mon dos pleut
De grandes larmes sèches
Où se noie son sourire
Arc-en-ciel

Flaque irisée
Où sautille un enfant
à l'iris bordé d'or sous une frange ébène

03.06.2007

Leurre

L'un noirci ses cahiers à spirales de je de mots et comble ses étagères
L'autre s'évertue à rêver pour ne pas oublier ses jeux d'enfants

Ils enchainent des dialogues à rompre les distances

" Je fais et je défais mes lacets, et ainsi plusieurs fois par jour pour ne jamais oublier le geste qui me plie au sol
- Mes chaussures noires me lassent toujours bien cirées, un vernis impeccable où se reflète tout
- Le dimanche je joue au petit soldat mort, je lustre son image et n'hésite pas à sacrifier une brassée de fleurs pour son oubli
- Le septième jour à 10h le carrelage de la salle de bains ranime mes pieds puis le miroir me met en joue "


Ils rincent leurs idées sous les pluies battantes. Aucun besoin de les essorer
Leurs propos sont du vent qui anime leurs visages
Et ce n'est pas le soleil qui les séchera, ils ne parlent qu'aux portes du désert tapis dans leur ombre

Des grains ils firent une plage. Un château. Une dune.
La nuit tombe et se brise.