14.08.2006

Le coin du monde lui regarde de ses prunelles d'acier

De ce délice coulant à la commissure de mes lèvres sous un angle presque parfait
Allongée sous un ciel nouveau, j'ose accorder du champ à La tentation qui me hante
Ma bouche collée contre la paume de Sa main, j'en goûte la salive qui a pris le sel de Son au céans
Mon regard se fond aux épis brûlant qui caressent l'aube de mon ventre là où je couche l'éblouissance des rayons
Toi soleil obscurcis toi!

J'abaisse les lamelles des stores vénitiens et joue, joue la blondeur tout le long de la berme, ricoche à chaque coin
Le champ de blé se soulève sous les échos et murmure à mon oreille cette Envie que j'esquisse dans la courbe de ce nuage
Lui s'évapore en volutes gommant les grands éclats bleus d'un barbouillage délicat et concentré puis explose et
Tombent des confettis blancs, de cet Immaculé sous lequel tous les horizons s'assombrissent, clarté et silence ouatés
Toi lune lève toi!

Je me redresse au son d'un chant lointain et marche de cette façon où les pas se posent sans empreinte aucune
Le sable garde ses grains bien serrés sous la plante et glisse, glisse telle une arabesque ensorcellante que je camoufle
Et,
Le coin du Monde lui regarde de ses prunelles d'acier, à Son reflet peut se voir l'oasis qui n'est plus un mirage
Tu m'enjoins peut-être "détourne ton iris" mais si cette Attente est la seule plénitude qui puisse me seoir?
Toi temps suspends toi!

D'un geste familier mais long où court je ne sais, je retiens l'autan et ne laisse aucune mèche de mes cheveux l'effleurer
Je mélange chaque cellule du puzzle face retournée, et pioche sans hasard, enterre le reste à côté du puit sans fond
Toi je te repousse doucement sur le monticule qui te préservera sans peur ni pleurs car c'est l'Etend qui s'égoutte
Puis de l'index je fais tourner les éléments à l'inverse d'une toupie, en équilibre je suis là, allons souris, vois je me grise
Car,
J'accroche ma prise aux ailes de Son Pan

24.03.2006

Presqu'au bord du déluge, ou une envie...

... d'écrire et même pas de thème pas d'idée précise, un peu comme une envie de 'rentrer à la maison'... Odeur de pains grillés et de café au lait, de confiture et beurre demi-sel le vrai l'authentique celui de Bretagne.
Cuisine à tomettes rouge, nappe à carreaux sur la table fermière, pichet de lait moussant et comble du luxe croissants encore chaud!

Les fenêtres s'ouvrent, les moineaux piaillent et annoncent le soleil à l'horizon qui se lève pour une nouvelle journée.

Un coin calme où la prairie en herbe coule autour de la demeure.

Pas de bruit, pas de bousculades ni précipitation... le temps se prend à son rythme et il aime ça!! Les 'j'veux ci et j'veux ça' ; 'j'veux maintenant' ; 'je ramasse à poignée et j'me gave' ; 'je trépigne' tout ça est pendu au corridor!...........

chuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut le monde tourne sur son axe.

Les papillons prient les fourmis de continuer oui à vaquer mais de savoir entendre le soleil se coucher, les fleurs invitent les papillons à continuer de voleter de ci de là et les rendre plus belles, les enfants attendent avec l'impatience lié au coeur du petit que la fleur s'épanouisse pour la cueillir, la mère apprend à l'enfant l'attente.
Le bambin s'agace un peu désemparé et lui dit 'mais je veux te l'offrir maintenant! je veux pas attendre, je n'aime pas attendre!' Elle lui explique que couper trop tôt la rose avant même la rosée la fanera en quelques heures. Que l'on doit attendre pour les belles choses, c'est ce qui en fait la force.
Le petit ne dit rien puis quand sa mère s'éloigne il prend la fleur en coupe la tige et la pose sur son coeur, tourbillonne avec, l'enmène à ses jeux, la couche délicatement sur l'herbe le temps d'une balançoire. Il en prend vraiment soin! Mais voilà au moment du goûter il se précipite la ramasser pour l'offrir à sa mère et ne peut que voir consterné sa fleur qui gît là recroquevillée et fanée...

Assis devant sa tasse de café l'homme se remémore ces minutes de son enfance, il compris ce jour là ce que sa mère voulait dire à propos de la patience mais sa fleur fut sacrifiée.

Puis il laisse son regard franchir la fenêtre et s'étendre jusqu'aux confins du monde et même plus loin, et il voit la terre qui tourne tourne à son rythme d'une course effrénée.
Oh il en a marre de ces mouvements sans feux rouges ni stop et il aimerait bien que la patience tombe comme une ondée puis en trombe et recouvre les hauts plateaux, d'ailleurs quelques gouttes commencent à crever les gros nuages noirs qui arrivent sur le flanc du soleil...

Mais à ce moment l'arc-en-ciel lui fait un clin d'oeil 'allons soit patient!'

Et l'homme sourit.

Le mangeur de mûres, inspiré par 'le vagabond'

Comme toujours, bien avant les premières morsures de l’aube, le vagabond était réveillé.
'Et si la terre était un immense terrain vague?' pensait-il perdu dans ses pensées. En effet cette fois il ne s'était pas enfui à la suite des dernières ombres du petit matin qui se volatilisaient sous les premières caresses du soleil.
Allongé dans l'herbe tendre, la voûte berçant ses yeux il restait là en farniente. Son corps semblait se fondre dans chaque brin. Il se sentait léger.

Ses pensées doucement dodelinaient dans une béance sans portes ni fenêtres, lorsque soudain une petite voix l'interpella "tu fais quoi?" Il se redressa à demi, surpris et distingua une petite silhouette se tenant là debout entre lui et la lumière de cette aube engourdie.
Cet enfant semblant surgir de nul part le mit mal à l'aise, il grommela "et toi que fais tu là? Ne sais tu pas qu'il est mal poli de déranger les grandes personnes!"
- ah pourquoi?
- pourquoi, pourquoi... parce que vous les enfants vous posez toujours des questions. Et c'est agaçant à la fin!
- ah?...." Le gamin semblait songeur, dansant d'un pied sur l'autre.

Le vagabond fit un petit geste de la main vers lui comme lorsque l'on veut faire s'envoler un pigeon. Il voulait le geste ferme mais cela ressemblait plus à une caresse avortée.
Il ressemblait extérieurement à l'image qu'il voulait donner, un grognon. Mais à l'intérieur se déroulait un tapis de soie... Seulement il ne voulait plus la filer!

-"allez rentre chez toi, allez ouste!"
Le marmot ne semblait pas plus ébranlé que ça.

-"dis pourquoi tu dors dans l'herbe?
- oh mais vas tu finir avec tes questions à la fin!
- c'est toi le mangeur de mûres?"
Le vagabond qui s'était rallongé en lui tournant le dos se releva agacé.

- "mais qu'est ce que tu racontes?
- oui maman a dit dans la cuisine hier "tiens je l'ai vu il cueillait des mûres..."
- a qui ta mère disait ça!" répondit le vagabond sur un ton qu'il aurait voulu plus strict.
- "ben à ma soeur tiens!
- à ta soeur à ta soeur!" cette fois il balaya l'air de sa main comme voulant chasser des mouches.
- "bon mon petit bonhomme tu commences à m'enm... là! Dégage de là maintenant ça suffit, j'ai pas besoin que ta famille parle de moi, et d'ailleurs pourquoi t'es venu me dire ça!"
- ben voilà comme maman avait l'air de dire que tu aimais les mûres, ben j'ai pensé que..."

Le gamin semblait hésiter, une de ses mains dans le dos, puis il avança et déposa quelque chose à côté de la main de l'homme...
Le vagabond regarda et vit un pot de confitures d'un rouge sombre, il releva les yeux et croisa le regard du petit qui semblait franchir les frontières de l'inaccessible.
- j'ai pensé que tu aimerais goûter de la confiture de framboises. c'est maman qui la fait elle est très bonne tu sais..." en même temps qu'il parlait sa bouche s'écarquillait en un sourire tout blanc avec un petit trou vers la droite.
Le silence se mit à murmurer...

Puis le gosse sorti autre chose de sous sa veste et cette fois il posa la petite chose dans la main du vagabond, lorsque celui-ci trempa son regard dans sa paume il y vit un petit ours portant un bandana rouge au cou et l'air d'avoir un peu vécu. Il allait ouvrir la bouche lorsque le mioche lui dit d'un air sérieux :

- "pose pas de questions! Les adultes posent toujours trop de questions! Tu sais une fois en fait j'étais avec maman lorsque tu cueillais les mûres et ma tête elle m'a dit que tu étais seul et que même si parfois tu dis des gros mots aux gens qui te regardent ton coeur lui il s'enrhume"
Le vagabond commençait à avoir du mal à respirer comme si une colombe glissait entre ses poumons.

Le gamin repris :
- "alors j'ai pris max c'était mon ours quand j'étais petit, mais je suis grand maintenant! Et je te le donne ainsi tu auras un ami et tu sais max comprend tout, il me serrait contre lui lorsque la nuit je faisais des cauchemars de l'ombre..."
Puis l'enfant se retourna et commença à marcher...

Le vagabond tout ému comme un ciel de pluie le rappella d'une voix enrouée "eh petit tu pars déjà?"
- "oui je pars car tu vas bientôt pleurer, et cela me rendra triste."
puis il lui fit un petit signe et disparu sautillant dans les dernières brumes, entre le gros buisson et la lumière jaillissante du soleil qui insistait sur tout ce qu'il pouvait atteindre.

Ne serait-ce le pot de confitures et le nounours ayant l'air de le scruter, le vagabond aurait pu penser à un mirage. il se réétendit sur le dos dans l'herbe tendre et murmura à l'oreille de la peluche : "et si la terre était un immense terrain vague n'attendant que l'ondée pour faire germer son ventre?"...

03.02.2006

Lorsque le soleil se couche...

... ses rayons alors la frôlent, la touchent, la caressent, la réveillent doucement d'une longue torpeur.... est ce dû à l'angle d'inclinaison?...

Son gris semble alors s'encolorer dans une palette de couleurs qui gît en son creux...
Alors comme une étincelle qui s'allume n'est plus "l'éteint c'elle...".... c'elle qui au long des rubans de jours embrumés se cogne a mille fantômes sans mains mais qui la retiennent prisonnière du tant...

Son étincelle la transforme, le pantin s'anime et jouis jouis d'envies, de vie.... tel un Hyde ou un Jekill elle est un jour ou une nuit.... elle est ou bien elle nait plus....

Les heures s'égrènent au compteur et sa puissance de vie augmente augmente, comme un moteur bien réglé ça se met en ronronner en elle en une ultime précision.... alors elle dévore des lignes de livre, elle jongle les mots, son oreille se joue musicale.... elle sourit...... elle vit.... la nuit.... en elle rien que pour elle....

Puis ce moment avant l'aube commence à s'estomper le charme ...
Et telle cendrillon elle redevient ce qu'elle n'est pas, et referme sa chape de plomb sur son coeur d'éponge....

Et puis lorsque le soleil commencera à redescendre vers l'horizon, elle se réanimera....
Cycle perpétuel... de sa vie....

L'amant du Parnasse

C'est un voyage qu'il fera seul, son creux est un abîme, un abysse d'encor' et pourtant lorsqu'il voyage il déborde....

Il peut voyager avec toi ou elle ou lui où même solitaire...

Il voyage il voyage.... pas de bagages, pas de tickets aller-retour, il chemine comme ça puis une porte devant lui... il la pousse... et le voilà propulsé : excursion, odyssée, balade, anesthésie, errance, exode... chaque porte d'embarquement est une surprise...

Des épos souvent exaltants laissant toujours une trace... parfois amère, parfois vibrante, parfois tellement apaisante que s'en est presque douloureux comme une sorte d'orgasme de l'âme... randonnée suave... les mots défilent se faufilent et s'enroulent eux et lui... lui et eux...

Il arrive qu'il voyage au coeur d'une musique, les notes s'envolent et cela envole les mots, une gamme sur une clé de Sol ou de La... ne demandez pas pourquoi je ne sais... j'aimerai alors vous décrire sa sensation mais ce n'est pas possible...

Lors de ces moments il ramasse tellement d'envies à poignées que ses mains en débordent, d'un air gourmand il s'en rempli la bouche, c'est à lui oui à lui... son bouillonement! Sa vie...

Lors de ces moments là étrangement il pourrait presque fusionner avec lui-même... entamer une danse et se projetter dans tous les miroirs ambrés, il peut même tomber amour'eux, son âme fluctue entre ses doigts il la caresse et l'élève, la souffle.... cette extase presque douloureuse oui... mais il continue continue il veut se rassasier au banquet de ses mets avant que le charme disparaisse...

La jouissance du poète.... laissons rêver l'amant du Parnasse... laissez vous rêver.... laissez moi rêver....